La fermeture du détroit d'Ormuz a-t-elle créé un précédent nouveau — et dangereux — pour les voies de navigation internationales ?
AILSA CHANG, HÔTE :
Avant de quitter une interview houleuse sur « Meet The Press » de NBC ce week-end, le président Trump a défendu ses progrès dans la guerre avec l'Iran. Il a déclaré qu'un cessez-le-feu s'était avéré efficace et que le conflit n'avait que trois mois. Pendant ce temps, l'Iran et Israël ont échangé des frappes pendant la nuit, et l'un des principaux obstacles de la guerre, le contrôle iranien du détroit d'Ormuz, reste non résolu. Kat Lonsdorf de NPR examine l'état du détroit.
KAT LONSDORF, BYLINE : Richard Meade est le rédacteur en chef de Lloyd's List Intelligence…
RICHARD MEADE : Nous suivons les navires.
LONSDORF : …Une autorité reconnue sur l'activité maritime mondiale. Meade et ses collègues ont passé beaucoup de temps au cours des trois derniers mois à suivre les navires autour du détroit d'Ormuz, et quelque chose a récemment attiré leur attention.
MEADE : Au cours des trois dernières semaines, il y a eu un flux assez régulier de navires qui se déplacent.
LONSDORF : Les forces américaines guident discrètement une poignée de navires à travers le détroit, loin de l'Iran et près de la côte d'Oman. Interrogé par NPR, le Commandement central américain n'a pas contesté cette évaluation. Mais il ne s'agit pas d'une opération officielle comme le projet éphémère Freedom que l'administration Trump a annoncé au début du mois dernier pour le suspendre quelques jours plus tard, qui aurait vu la marine américaine escorter physiquement les navires bloqués à travers le détroit. Meade dit que les opérateurs de navires lui disent qu'il n'y a pas de coordination centrale. Le voyage reste extrêmement risqué, considéré comme une sorte de dernier recours. Sur plusieurs semaines, seulement quelques navires par jour sont sortis de cette façon, loin des plus de 120 par jour qui traversaient le détroit avant la guerre.
MEADE : Ce n'est pas une normalisation du commerce.
LONSDORF : Le détroit d'Ormuz est un point de passage critique mondial. Sa fermeture a entraîné une perturbation significative des approvisionnements énergétiques dans le monde entier, et il est devenu un point central de toutes les discussions sur la fin de la guerre en Iran. Le secrétaire d'État Marco Rubio a été interrogé à ce sujet plusieurs fois la semaine dernière lors de ses visites au Capitole. Mais les États-Unis et l'Iran ont récemment campé sur leurs positions concernant leurs blocus respectifs du détroit. Voici le président Trump dans cette interview de « Meet The Press » ce week-end avec Kristen Welker.
(EXTRAIT SONORE DE L'ÉMISSION TÉLÉVISÉE, « MEET THE PRESS »)
KRISTEN WELKER : Il y a un blocus naval en place…
PRÉSIDENT DONALD TRUMP : Ouais.
WELKER : …Ce qui, techniquement, est un acte de guerre en vertu du droit international. Alors, s’agit-il d’une guerre tant qu’un blocus naval est en place ?
TRUMP : Eh bien, nous avons un blocus. Il a été extrêmement efficace. Et la raison pour laquelle nous l’avons mis en place, c’est qu’ils ont essayé de faire un blocus, et maintenant nous les avons bloqués.
LONSDORF : Trump a finalement quitté cette interview. Et même lorsque le détroit rouvrira, ou si cela arrive, il faudra du temps pour réparer le désastre qui a été causé.
TOM BARTOSAK-HARLOW : Il y a probablement environ 1 000 navires en ce moment qui doivent sortir.
LONSDORF : Tom Bartosak-Harlow est un porte-parole de la Chambre internationale de la marine marchande, l’association commerciale mondiale des armateurs et des exploitants de navires. Il dit que simplement faire sortir les navires actuellement bloqués prendra des jours, voire des semaines. Et ramener le commerce à son niveau de début février, avant qu’Israël et les États-Unis n’attaquent l’Iran, prendra probablement des mois.
BARTOSAK-HARLOW : Nous devons voir un retour à la situation que nous avions avant le début de cette guerre, où les navires avaient un accès sans entrave par le détroit d’Ormuz.
LONSDORF : Non seulement pour l’économie mondiale, mais parce que c’est ce qui est attendu en vertu du droit international.
BARTOSAK-HARLOW : Par définition, la liberté de navigation est libre.
LONSDORF : Tout ce qui est en deçà créerait un précédent nouveau et dangereux. Mais d’autres, comme Meade de Lloyd’s List, craignent que ce nouveau précédent ait déjà été établi.
MEADE : La réalité est qu’une fois que le détroit a été fermé une fois, il peut être fermé à nouveau.
LONSDORF : Ce qui signifie que les pays et les entreprises se réorientent déjà pour moins y compter. Et cette militarisation du commerce a également des implications pour d’autres voies navigables cruciales. En avril, le ministre des Finances de l’Indonésie a évoqué l’idée de faire payer un péage aux navires transitant par le détroit de Malacca, une autre route maritime mondiale extrêmement importante. Il est ensuite revenu sur cette idée après la pression du ministre des Affaires étrangères de l’Indonésie. Et ce week-end, la milice houthie soutenue par l’Iran au Yémen a menacé d’empêcher les navires israéliens d’opérer en mer Rouge. Comme le dit Meade…
MEADE : Ce qui se passe à Ormuz ne reste pas à Ormuz.
LONSDORF : La façon dont tout cela se termine aura des répercussions dans le monde entier. Kat Lonsdorf, NPR News, Washington.
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