


Un partisan tient une banderole de la candidate présidentielle Keiko Fujimori lors de son rassemblement de clôture de campagne à Lima, au Pérou, jeudi. Rodrigo Abd/AP cacher la légende
LIMA, Pérou — Les Péruviens éliront leur nouveau président dimanche, avec des sondages suggérant une course polarisée mais serrée entre la candidate de la droite dure Keiko Fujimori et le gauchiste Roberto Sánchez.
Fujimori avait quelques points d'avance dans les sondages, avec environ un quart des électeurs encore indécis, mais Reuters rapporte que Sánchez aurait pu réduire l'écart la semaine dernière.
Keiko, comme on l'appelle au Pérou, se présente sur l'héritage de son père, le défunt et déshonoré homme fort président Alberto Fujimori. Cet héritage inclut l'écrasement de l'hyperinflation et des insurgés maoïstes du Sentier Lumineux, qui ont baigné le Pérou dans le sang dans les années 1980 et 1990. Il inclut également la direction d'escadrons de la mort — pour lesquels il a finalement été condamné à 25 ans de prison — la fermeture du congrès, la corruption de journalistes et une corruption épique.
“Si elle gagne, il y aura une modération de façade. Il y aura ce discours sur le dialogue et la démocratie, mais la réalité sera qu'elle aura la main sur les leviers du pouvoir et les utilisera de manière autoritaire,” prédit la politologue Paula Távara. “S'il y a des protestations, attendez-vous à une réponse répressive.”
La candidate présidentielle péruvienne Keiko Fujimori fait un signe lors d'un rassemblement de campagne à Huacho, au nord de Lima, au Pérou, le 2 juin. Ernesto Benavides/AFP via Getty Images cacher la légende
Le second tour sera le quatrième consécutif pour Keiko Fujimori, 51 ans, après avoir perdu de justesse en 2011, 2016 et 2021. De nombreux Péruviens l'accusent d'être une mauvaise perdante, qui a refusé pendant des mois de reconnaître sa défaite en 2016 et a ensuite fait des accusations infondées de fraude électorale en 2021.
Ils la blâment également pour avoir utilisé son parti Force Populaire, le plus important des deux derniers mandats parlementaires, pour bloquer les enquêtes sur la corruption et le crime organisé et pour déstabiliser plusieurs gouvernements, contribuant à la calamiteuse série de neuf présidents au Pérou au cours de la dernière décennie.
Maintenant, elle propose de reprendre l'approche de son père, la mano dura ou le poing de fer, face à la vague de crimes violents qui balaie la nation andine, y compris une épidémie d'extorsion, et de rétablir l'“ordre” — même si nombre de ses critiques disent qu'elle est la principale responsable du chaos dans la politique et les rues du Pérou.
Pourtant, si elle est sur le point de prendre la présidence, c'est en grande partie parce que Sánchez, 57 ans, est également un candidat profondément impopulaire.
Le candidat présidentiel de gauche du Pérou, Roberto Sánchez, s'exprime lors d'un rassemblement de campagne sur la Plaza Tupac Amaru à Cusco, au Pérou, le 2 juin. Jose Angulo/AFP via Getty Images cacher la légende
Il fait campagne avec le sombrero que lui a offert Pedro Castillo, l'ancien président de gauche qui a battu Fujimori en 2021 mais dont l'administration s'est effondrée en 18 mois au milieu d'accusations d'extrémisme, d'incompétence et de corruption.
Il a finalement été destitué et emprisonné en décembre 2022 après avoir, dans une tentative ratée d'éviter des enquêtes pour corruption, également tenté de fermer le Congrès et les tribunaux.
Alors que Keiko propose d'attirer davantage d'investissements étrangers en réduisant la bureaucratie, Sánchez a d'abord promis de nationaliser de grands secteurs de l'économie et de remplacer les importations par la production locale — une politique économique rappelant Cuba ou la Corée du Nord.
Depuis, il tente de se recentrer. Mais ses affirmations de modération ont été compromises par la présence dans son équipe d'Antauro Humala, un ancien officier de l'armée radical, qui a purgé une longue peine de prison pour avoir mené un soulèvement militaire en 2005 au cours duquel plusieurs policiers ont été assassinés, un événement pour lequel il reste impénitent.
Les bureaux de vote ferment à 17 heures, heure péruvienne. Un vainqueur pourrait être annoncé plus tard dans la nuit, mais si le vote est serré, il pourrait s'écouler plusieurs jours avant qu'un résultat définitif ne soit connu.
#Pérou #élection #serrée #secondtour #Fujimori #Sánchez #NPR


